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SOIRÉE BÉNÉFICE MARS 2018

10 mars 2018, nous étions au rendez-vous de notre 4eme soirée bénéfice qui a eu lieu au Centre-Roussin, 12125 rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec), H1B 2Y9

Cette soirée bénéfice dont l’objectif est d’amasser des fonds pour soutenir les familles endeuillées dans le besoin, était une soirée avec un programme diversifié et plusieurs surprises pour les enfants, agrémentée de petites douceurs salées et sucrées.

Nous tenons à remercier nos invités qui ont répondu présents à notre invitation. Merci pour leur professionnalisme et leur implication dans ce projet. Sans eux cette soirée n’aurait pu avoir lieu.

Nous remercions M. Djamel Lahlou pour son soutien remarquable, un grand merci a M. abderrahmane Benassel, animateur de la soirée, ainsi que tous les organisateurs et les bénévoles qui ont mené à bien leur mission, nos membres et nos invités pour avoir cru en ce beau projet humanitaire, une amicale pensée pour toutes et tous ceux qui n’ont pas pu être présent avec nous, mais qui nous ont appuyés, soutenu et encouragé de diverses façons.

espérons vous revoir très prochainement pour un nouvel évènement. Continuez à  nous suivre et n’hésitez pas à nous soutenir !

Voici le programme de cette soirée:

– Mot du président de l’ASMQ : M Rachid Baïou
– Mot de la directrice générale de l’ASMQ : Mme Hadjira Belkacem
– Allocution de Cheikh Omar Koné, Imam et conférencier
– Présentation instrumentale de M. Chant Vanlian – Pianiste et dirigeant de Chorale
– Visionnement de l’allocution du Dr Yannick Boucher, Anthropologue
– Allocution de M. Julien Desormeaux, représentant et membre de l’Écomusée de l’Au-Delà
– Présentation de Maitre Shifu – démonstration de Tai Chi Qi Gong
– Allocution M. Samer Majzoub, Président du Forum Musulman Canadien
– Cérémonie protocolaire de remise de plaques à 3 personnalités exceptionnelles, pour leur dévouement, leur implication, leur soutien :
M. Abdelkader Kechad, Fondateur de ksari-TV
M. Omar Abdelkhalek, Dachra TV
M. Reda Benkoula, Fondateur du journal L’Initiative
– Poèmes d’ici et d’ailleurs avec Akim Kermiche, Journaliste et poète
– Présentation du calligraphe Jassim Dandachi
– Animation pour enfants avec le Clown Gribouille
– Mot de la fin par le président de l’ASMQ
– Plusieurs pauses instrumentale durant la soirée ont été présenté par M. Chant Vanlian au piano

Cette Association est aussi la vôtre et sa réussite c’est votre réussite !

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Conférence

Conférence sur le testament

Dimanche 11 février 2018 à Québec

La conférence a été organisée et dirigée par notre chère bénévole engagée Mme Souhila avec la précieuse aide logistique de Mme Karima et Mme Nora.

Le président de l’ASMQ, M. Rachid Baïou, a  présenté en introduction notre organisme de charité et a illustré le cadre de nos interventions et de nos objectifs au sein de notre association. Il a expliqué le processus suivi par l’ASMQ pour le soutien fourni aux familles dans le besoin lors d’un décès, tant sur le plan moral que sur le plan financier. Le deuxième volet lié à la recherche de cimetières ou de carrés musulmans a été expliqué  et a démontré toute l’ampleur des activités et des objectifs que l’ASMQ poursuit. M. Baïou a mis l’emphase sur la grande importance de ses membres et de ses donateurs ainsi que de leur soutien financier et de leur engagement comme bénévoles afin d’atteindre nos objectifs, comme organisme de charité indépendant. Un grand remerciement et une grande reconnaissance leur ont été formulés.

Me. Ahmed Sellah a abordé sa conférence sur le testament en présentant les formes possibles de testament reconnues au Québec en montrant les avantages et les inconvénients de chacune. Il a mis l’emphase sur le testament notarié qui est la forme la plus sûre au travers de son enregistrement et de sa facilité d’exécution. Me. Sellah a ensuite permis à l’assistance de suivre les étapes et le contenu en général d’un testament notarié. Une introduction a été faite sur le document complémentaire au testament qui est le Mandat de protection. Ce mandat porte sur la protection en cas d’absence ou d’invalidité du testeur. l’aspect de la nomination d’un tuteur en cas de besoin a été expliquée. Les informations spécifiques de la demande au Curateur du Québec pour désigner un tuteur ont été illustrées par le formulaire existant sur son site.

Une séance de questions liées au testament et au mandat de protection s’en est suivie et auxquelles Me Sellah a répondu. Il a aussi orienté l’assistance pour réaliser le testament et le mandat de protection selon les avenues possibles au Québec.

Ce fût une conférence bien enrichissante!

 

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Colloque

Colloque du 2 et 3 novembre 2017
La communauté musulmane du Québec : La quête de lieux de sépulture
Fédération de l’Écomusée de l’Au-Delà (FÉAD) en collaboration avec L’Association de la Sépulture musulmane au Québec (ASMQ)

 

Résumé de la soirée du jeudi 2 novembre 2017 :

Mots de bienvenue de M. Alain Tremblay — Directeur général de la FÉAD et de Mme Louise Dusseault-Letocha — Historienne d’Art et Présidente de FÉAD

 LES CONFÉRENCES                                                              

1er conférencier — M. Rachid Baïou, Conseiller bénévole de l’ASMQ

Baïou présente d’abord un cadre de réflexion prospective pour aborder la question des cimetières multiconfessionnels et comment participer à la construction du « Nous »  au Québec. Une carte mentale partagée par M. Baïou a permis de présenter ce cadre avec les acteurs, les enjeux, les lois fédérales et celles de la province de Québec, les bonnes pratiques, les processus de concertation et les mécanismes existants qui peuvent être impliqués.

Par la suite, quelques définitions et clarifications sur les musulmans, leurs origines et leur répartition dans le monde et au Québec ainsi que leurs pratiques religieuses sont présentés. À ce propos, il invite le public à lire les 10 livres du Dr Mohamed Chahrour pour de plus amples informations sur l’histoire et le présent du monde musulman. Une projection établie par Statistique Canada sur l’évolution des communautés religieuses au Canada ainsi que celle de la diversité religieuse jusqu’en 2036 est montrée et discutée. Elles  permettent de voir que ce sont les musulmans qui, de par leur nombre , portent actuellement le flambeau de la revendication de l’accès aux cimetières en général et aux cimetières multiconfessionnels au Québec. La réflexion finale a porté sur la nécessité d’être proactif et non plus réactif pour répondre peu à peu à cette revendication dans une société en pleine mutation.

 2e conférencier — M. Michel Lessard, Historien

M. Lessard aborde le sujet des inhumations dans les cimetières catholiques en prenant comme exemple l’histoire des cimetières à Lévis, sa ville, une cité de 140 000 habitants. Après avoir dressé l’histoire des cimetières depuis le 17e siècle dans sa ville, il s’attarde précisément au grand cimetière Mont-Marie, un espace funéraire jardin créé dans le dernier tiers du XIXe. Plusieurs communautés religieuses catholiques institutionnelles ont eu leur propre cimetière autonome. Il fait état de la diminution du pouvoir ecclésiastique sur l’acceptation des gens inhumés. Après avoir consulté différents intervenants, il en arrive à la conclusion qu’aujourd’hui toutes les dénominations religieuses sont accueillies dans les cimetières catholiques pour l’inhumation dans le respect de la règlementation touchant l’hygiène publique et du niveau d’ostentation confessionnelle sur les monuments, étant entendu que l’implantation d’un cimetière d’une autre confession dans le cimetière catholique n’est pas acceptée. On est dans la mort comme on fut dans la vie. Jadis, les travailleurs de la terre retournaient à la terre. Aujourd’hui pour des citoyens vivant en logement, on trouve des aménagements funéraires inscrits dans ce nouvel art de vivre.

 3e conférencier — M. François Chapdelaine, Président de l’association des cimetières chrétiens du Québec (ACCQ)

Tout d’abord, M. Chapdelaine souligne le fait que les cimetières chrétiens du Québec sont des lieux d’accueil, ouverts aux personnes d’autres confessions religieuses ou athées ; pourvu que les gens soient à l’aise avec le fait que le lieu de sépulture est confessionnel et régi par une règlementation particulière. Afin d’éviter toute ambiguïté aux yeux des membres de sa famille, il mentionne toutefois l’intérêt pour la personne de confession musulmane qui choisit d’être inhumée dans un cimetière confessionnel chrétien de confirmer par écrit son choix.

À titre de directeur de la Compagnie du cimetière Saint-Charles, il présente également son expérience récente de facilitateur en marge des démarches d’un groupe de musulmans de Québec qui souhaitait obtenir un lieu d’inhumation réservé.  Ses principaux outils : la rencontre de représentants reconnus de la communauté musulmane locale, l’écoute de leurs besoins, ainsi que la collaboration technique offerte au démarrage des opérations de ce nouveau cimetière musulman. Pour une communauté établie depuis au moins 3 générations dans cette ville, il lui apparait légitime que ce groupe souhaite désormais être inhumé en sol québécois, selon ses propres rites et coutumes, en un lieu administré en tenant compte des principes de l’Islam.

À la question posée sur la viabilité à long terme des cimetières chrétiens du Québec, M. Chapdelaine évoque la transformation importante qui a été amorcée, afin de s’ajuster au phénomène des columbariums dans les salons funéraires. Grâce au regroupement des petites entités, il note un mouvement de professionnalisation des cimetières au Québec.

4e conférencier — M. Omar Koné,  Imam du centre soufi Naqshbandi de Montréal

M. Koné nous parle de son expérience québécoise et du délicat problème de l’inhumation des musulmans au Québec avant la création de l’ASMQ.   Il confirme la diversité des pratiques culturelles des musulmans présents au Québec. Il mentionne qu’il est toujours important de travailler à l’évolution de la société civile et de mettre en place des mécanismes facilitant l’inhumation ici au Québec par la communauté, mais aussi dans le respect des législations d’ici. Il est important d’avoir ces mécanismes afin de pouvoir accompagner les familles des défunts en fonction de leurs besoins. Il conclut qu’il est possible d’inclure d’autres cultures sans perdre son âme ou son identité québécoise.

5e conférencière — Mme Nancy Shaink, Doctorante en théologie pratique

Mme Shaink nous parle des situations insolites dans les cimetières du Centre-du-Québec. Si sa région n’a pas de sites d’inhumation musulmane, une petite communauté musulmane y est présente. En dépit d’un tissu social généralement chrétien, on retrouve dans les cimetières de sa région des éléments ou des situations insolites pour nous permettent de voir que nous devons nous pencher sur ce qui est accepté et acceptable comme symbole dans nos cimetières. Plusieurs photographies illustrent son propos : graffiti, vandalisme sur des monuments, cimetière protestant détruit en une nuit, symboles racistes, refus d’un marqueur temporaire représentant un dragon médiéval (pour la tombe d’un enfant, en attendant le monument permanent) celui-ci étant associé à une représentation du mal. Ce refus a soulevé l’intérêt médiatique provincial et l’ire de certains citoyens alléguant le manque de compassion et d’ouverture. Autant d’exemples qui mettent en lumière le besoin d’une concertation sociale sur ce qui est généralement acceptable et ce qui ne l’est pas dans nos lieux de paix.

 LES PRINCIPALES QUESTIONS DÉBATTUES le 2 novembre

M. Baïou mentionne qu’il est bien difficile de parler de valeurs universelles islamiques ou autres dans l’absolu. Ces valeurs réfèrent à un partage et à un consensus construit par l’humain. Comme elles représentent le pôle axiologique d’une société donnée, elles sont rattachées à quatre autres pôles normalement inhérents à la construction de cette société :

  • L’objectif et la finalité définis du vivre ensemble — Le pôle téléologique ;
  • Les lois et les règles du vivre ensemble bâties sur l’expérience et le savoir humain accumulés des sociétés définissant ainsi le consensus social — Le pôle déontologique ;
  • Le modèle de société – Le pôle épistémique ;
  • Le traitement et la mémoire des faits et des chiffres – Le pôle statistique.

Si un des pôles est défaillant ou manquant, la société connaîtra de sérieuses crises.

  • La construction du Québec s’est faite en renforcement d’une culture. Les immigrants doivent respecter les valeurs de cette culture tout en l’enrichissant. Il n’y a pas de place pour la peur sur les identités respectives.
  • Historiquement au Québec, le processus funéraire incluant les cimetières a été pris en charge par le pouvoir religieux et non par la société civile. Cela explique l’absence du palier gouvernemental municipal, régional et provincial jusqu’à nos jours. Avec le changement que nous vivons, les acteurs absents devraient s’impliquer.
  • La question esthétique et celle du patrimoine des cimetières au Québec ont été soulevées. Une réflexion partagée a porté sur le lien entre le beau et la spiritualité.
 
Résumé de la soirée du vendredi 3 novembre 2017 :

Mots de bienvenue de M. Alain Tremblay — Directeur général de de la Fédération Écomusée de l’Au-Delà et de Mme Louise Dusseault-Letocha — Historienne d’Art et Présidente de la Fédération Écomusée de l’Au-Delà.

 LES CONFÉRENCES

 1er conférencier — M. Jacques Poirier, Président de Magnus Poirier

M. Poirier présente son entreprise familiale de 3e génération. Il explique comment Magnus Poirier accommode dans leurs cimetières les musulmans. La formule préconisée depuis 2015 à Laval en concertation avec l’ASMQ permet à la fois l’accès aux musulmans au cimetière en octroyant une section réservée à leurs sépultures et assure toute la procédure des funérailles selon le rite musulman. Cette ouverture et cette pratique sont également appliquées avec succès à d’autres confessions et satisfont les attentes des clients. Il mentionne que des règles définies par Magnus Poirier doivent aussi être respectées. M. Poirier fait aussi le point sur l’histoire d’acquisition et de gestion des cimetières au Québec et sur le changement en cours illustrant l’intervention d’acteurs privés dans ce processus et l’absence de l’acteur civil des différents paliers gouvernementaux. Il informe aussi la communauté musulmane sur 2 points : il y a des coûts funéraires à payer ici au Québec et que ce n’est pas la municipalité qui octroie des terrains à usage de cimetière comme en Europe ou d’autres pays.

2e conférencier — M. Mohamed Kesri, Coordonnateur du Projet de cimetière du centre culturel islamique de Québec (CCIQ)

M. Kesri a présenté tout le processus engagé par le Centre Culturel Islamique de Québec (CCIQ) dans la recherche d’un terrain destiné à la construction d’une mosquée attenante à un cimetière musulman dans la région de Québec. Cette recherche a commencé il y a plus de 20 ans.

Au début des années 2000, une négociation menant à une offre d’achat sur un terrain appartenant au cimetière Belmont à Québec a avorté à cause des exigences de la ville de Québec relativement au paiement de taxes dites d’espaces verts. La difficulté de trouver des terrains à vendre (zoné lieu de culte ou cimetière) pousse les intervenants à dissocier l’acquisition d’une mosquée et d’un cimetière.

En 2008, le CCIQ fait l’acquisition d’une bâtisse appartenant à la Caisse Populaire Desjardins qu’il transforma en une Grande Mosquée de Québec (GMQ). À partir de cette date, le comité mettra toute son énergie pour la réalisation du cimetière musulman. Ce n’est qu’en 2016, lors du service funéraire d’un défunt musulman par la compagnie Harmonia, que le comité commence à négocier le terrain de Saint-Apollinaire.

Le 29 janvier 2017, date de l’attentat terroriste à la Grande Mosquée, survient la difficulté d’enterrer à Québec les six victimes musulmanes. Jusqu’à cette date, aucun politicien, aucune association et aucune coopérative funéraire, ni aucun cimetière multiconfessionnel existant ne portait de l’intérêt à l’enterrement des musulmans dans la ville de Québec sauf le CCIQ qui était en négociation très avancée avec Harmonia et la municipalité de Saint-Apollinaire pour l’acquisition d’un terrain. Durant cette période de négociation, les intervenants reçoivent la visite du directeur de Magnus Poirier et d’un représentant de l’Association de la Sépulture musulmane au Québec (ASMQ) pour les aider et leur offrir un carré musulman dans un cimetière multiconfessionnel. Le CCIQ a refusé cette offre en précisant que les musulmans de Québec veulent leur propre cimetière comme c’est le cas pour les chrétiens et les juifs.

Ils ont donc poursuivi leur négociation avec Saint-Apollinaire jusqu’à ce qu’à la veille du vote pour le changement de zonage, les médias les informent que le cimetière privé Lépine Cloutier de Saint-Augustin leur offrait dans son cimetière un carré réservé. Ils ont été déçus par cette intrusion soudaine du cimetière de Saint-Augustin et déçus de l’issue du vote à Saint-Apollinaire. Malgré cet échec et malgré que leurs avocats étaient favorables à une poursuite judiciaire contre la municipalité de Saint-Apollinaire, les responsables du CCIQ ont préféré s’abstenir surtout qu’à cette date (fin juillet 2017) le cimetière Saint-Charles était prêt à vendre une partie de son terrain.

En effet, de façon inattendue, le 31 juillet 2017, le maire Labeaume et les techniciens de la ville de Québec convoquent les représentants du CCIQ pour vendre une partie de leur terrain qui se trouve voisin du cimetière Belmont (maintenant fusionné au cimetière Saint-Charles). Une offre d’achat conditionnelle est signée par les 2 parties le 28 août 2017. Actuellement, le CCIQ est à vérifier la qualité environnementale et géotechnique du terrain à acquérir et cela avant de passer chez le notaire.

M. Mohamed Kesri affirme que le CCIQ doit acquérir un cimetière propre aux musulmans afin de respecter les préceptes de l’Islam et la jurisprudence musulmane du Waqf (bien inaliénable appartenant à la communauté  musulmane). La Charte des droits et libertés du Québec et du Canada nous donne cette opportunité d’offrir aux familles des défunts plus de choix sur les lieux d’inhumation (rapatriement au pays d’origine, cimetière musulman à Québec ou à Montréal, carré musulman dans un cimetière confessionnel à Québec ou à Montréal…).

3e conférencier — M. Foudil Selmoune, Imam de la mosquée Masdjid Quba de Brossard

M. Foudil Selmoune présente le centre communautaire islamique de Brossard, le plus grand centre communautaire au Québec. Au travers de diapositives, il montre les principales activités de ce centre créé en 2006 à Brossard, telles que des portes ouvertes, des cérémonies d’acquisition de la citoyenneté canadienne, des cérémonies religieuses de multiples confessions, des journées de rupture de jeûne, la collecte de sang, des rencontres multiculturelles BBQ, l’invitation des écoles pour les informer sur l’Islam, l’aide aux sans-abris et des activités bénévoles pour intervenir lors de sinistres tels que les inondations. Par ailleurs, des services spécifiques funéraires selon le rite musulman avec une salle de lavage des corps sont aussi offerts.

Après plusieurs tentatives infructueuses ayant duré une dizaine d’années pour acheter sur la Rive-Sud un terrain à usage de cimetière entièrement dédié aux musulmans, le conseil d’administration s’est résigné à acheter une section dans le cimetière Les Jardins Urgel Bourgie à Saint-Hubert. M. Selmoune a aussi expliqué la structure des coûts funéraires appliqués par défunt.

M.Selmoune, Imam de Brossard, explique les contraintes rencontrées avec cette formule « d’achat » de la section musulmane et il mentionne celle du délai d’envoi du fax avant 10 h le matin pour procéder aux funérailles le lendemain et l’impossibilité d’inhumer le dimanche. Il dit que ces contraintes lui font préférer un cimetière entièrement dédié aux musulmans sur la Rive-Sud et que le cimetière à Laval pose aussi d’autres contraintes telles que l’éloignement.

 4e conférencière — Mme Hadjira Belkacem , Présidente de l’ASMQ

Mme Belkacem a présenté la mission de l’ASMQ et a annoncé que cette association est reconnue maintenant comme organisme de bienfaisance enregistré donc a obtenu son numéro de charité, permettant de produire dorénavant des reçus fiscaux pour les dons effectués. Mme Belkacem a expliqué que la situation de délabrement du plus ancien cimetière musulman à Laval a été la motivation première pour créer de cette association et remédier à la situation. Elle est fière que ce cimetière soit maintenant bien pris en charge quant à sa gestion et son entretien et qu’il soit inscrit au titre du patrimoine funéraire musulman. Par ailleurs, elle mentionne que le volet communication est aussi mis de l’avant par l’ASMQ sur son site Internet pour informer et éclairer les familles musulmanes du Québec du processus funéraire au Québec et des choix qui s’offrent à elles quand elles ont un défunt. Elle invite les familles à devenir membre de cette association pour soutenir toutes les actions de bienfaisance inscrites dans sa mission et particulièrement l’aide aux familles démunies, le soutien pour l’inhumation de leur défunt et pour vivre le deuil dans la dignité, ainsi que la recherche de lieux de sépulture selon le rite musulman.

Mme Hadjira Belkacem a ensuite présenté une vidéo sur les sections musulmanes dans certains cimetières du Québec.

LES PRINCIPALES QUESTIONS DÉBATTUES le 3 novembre 2017

  • Une question de la part du CCIQ, adressée à M. Poirier : pourquoi ne pas vendre une parcelle de terrain au lieu de garder la propriété de son cimetière ? La réponse a permis de révéler d’un côté le caractère privé du monde des affaires au Québec et donc d’une décision souveraine d’affaire de l’entreprise et de l’autre, la solution non facilement reproductible d’achat, car les communautés musulmanes ne sont pas toutes prêtes financièrement pour le faire aussi aisément dans les autres villes et villages du Québec.
  • Une question a été posée à M. Poirier qui est liée aux coûts funéraires pour les musulmans, révélant que les procédures et préparations funéraires sont plus simples pour un enterrement ici au Québec.
  •  La question de la concession de droit d’usage pour cimetière cédé pour 99 ans a été discutée en rapport avec la loi au Québec.
  •  L’aspect de la sépulture à caractère sacré et inviolable ad vitam aeternam a été aussi soulevé en lien avec la notion de biens Waqf ou « biens de mainmorte », inaliénables de la sépulture et du cimetière musulman. Un exemple de déplacement de cimetière en Algérie (à Constantine) a été mentionné pour des besoins de construction d’une université selon les règles du rite musulman sans transgresser les règles en Islam. Il a été aussi mentionné qu’il y a plusieurs lectures et jurisprudences sur les biens Waqf en Islam.

Encore une fois, l’absence de l’acteur important que représente le palier municipal et supramunicipal dans la disponibilité de terrains à usage de cimetières a été aussi soulevée et discutée. La mise en place de processus de concertation avec cet acteur doit être envisagée au Québec.