Aside

La mort à l’épreuve de l’exil !

Pourquoi un fond de solidarité?

Même si la mort nous fait peur et nous faisons tout pour l’écarter de nos pensées et de nos propos, il faut y penser et en parler.
Il est naturel que l’humain ait tant peur de l’inconnu que la mort incarne parfaitement. Pour soulager son anxiété, l’humain a tendance à penser que la mort n’arrive qu’aux autres, jusqu’à ce que la réalité le rattrape. Dieu nous rappelle que : (nul âme ne sait où mourir…) et nous rappelle que : (la mort vous rattrape même étant dans des demeures fortifiées…)
C’est devant l’épreuve douloureuse de la mort que l’humain s’est mis à penser et à inventer les meilleures façons d’apaiser sa douleur et de préserver la dignité de son défunt; c’est dans ce sens que les anthropologues attribuent la naissance de la culture et de la communication à la sépulture. Pour protéger la tombe de son prochain, l’humain s’est mis à communiquer avec son voisin.
La mort incarne à la fois le passé et le futur de l’Homme. Un tour autour nous, révèle que la mort est fortement présente aussi bien dans notre mémoire, que dans notre vie, notre culture, notre économie, nos villes et villages, nos arts et nos architectures, etc.
En exil, la mort prend un accent plus fort. La mort en exil est doublement douloureuse et présente un double défi. En exil, l’insertion dans le milieu d’accueil aussi bien que le départ dans la dignité, s’imposent comme défis majeurs. Quitter ce monde loin du confort sécurisant de son milieu ambiant est ce qui hante le plus l’être en exil.
La Communauté musulmane ici au Canada est grandissante. Si aux débuts de son installation, elle s’est heurtée à l’enjeu de l’intégration et surtout par l’emploi; présentement elle est confrontée aux enjeux de la famille, des enfants et de la citoyenneté et prochainement et avec son vieillissement, elle doit affronter l’enjeu de la mort en exil et l’exigence d’accompagner les siens dans la dignité.
L’Association de la sépulture musulmane récemment fondée au Québec, a le mérite d’activer fortement dans ce domaine, dans le but de rendre possibles les conditions et disponibles les ressources, afin d’assurer un accompagnement dans la dignité de nos morts.
L’ASMQ a déjà inauguré le premier carré musulman à Laval, au mois de juin 2015. Depuis, le processus avance avec le projet de création d’un fond de solidarité.
L’idée d’un fond de solidarité est née du constat suivant: il ne se passe pas une semaine sans qu’un appel de détresse ne sonne, soit d’une famille qui n’a pas les moyens pour enterrer son défunt, soit pour récupérer un corps non réclamé (à défaut, il serait enterré en fosse commune ou incinéré), etc. Procéder par les collectes spontanées de fonds qui ne cessent d’alourdir le fardeau sur une communauté modeste, n’est plus la voie propice. Pourquoi ne pas agir alors comme le font les fonds de solidarité : cotiser pour peu que l’équivalent de 6 cafés au mois (10$), afin de réunir des fonds qui serviraient à subvenir aux besoins critiques, tout en donnant au cotisant le droit à une prime variable dans le cas d’un décès dans sa famille.

Pour cotiser, SVP communiquer avec l’ASMQ

Dr. Brahim Benyoucef, le 23 février, 2016.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *